25.8.04

Une leçon suisse

Un intéressant article canadien (en anglais) sur le système de santé suisse.

Quelques extraits (librement traduits par moi) :

Pour éviter que les faits ne viennent contredire vos dogmes, évitez d'aller en Suisse ! La Suisse est un exemple intéressant parce que l'accent y est mis sur la responsabilité personnelle. Les dépenses de santé sont prises en charge à 43% par le secteur privé. Les citoyens choisissent leur assurance dans un marché qui offre en concurrence des plans de santé publics et privés. Les prix sont fonction de l'âge de l'assuré et de l'endroit où il habite, mais pas du revenu. Les résultats sont bons, et plutôt déconcertants pour les thuriféraires des solutions étatiques. Le patient est une source de profit pour les fournisseurs de soins plutôt qu'un fardeau qui doit subir les attentes, l'indifférence, le rationnement que l'on connaît dans d'autres pays. Le coût du système est élevé, mais supportable (11% du PIB).

On croit rêver quand on regarde ce qui se passe en France... Certes, comparaison n'est pas raison : peut-on comparer un pays, celui de Guillaume Tell, où la liberté a encore un sens, avec une nation soviétique en voie de tiers-mondisation telle que la France ?

Dans le même ordre d'idées, un article sur le système américain, qui démonte les habituels bobards que nous serinent les collectivistes français : Yzonpa la CQ.

16.8.04

Autres lectures de vacances...

Parmi les "Argumentaires Liberté" de Liberté Chérie, à lire : Réformer l'assurance maladie, avec de bons arguments.

Le Québecois libre publie une interview de l'excellent Georges Lane au cours de laquelle divers sujets sont évoqués, notamment la Sécurité sociale sur laquelle Georges Lane a écrit un livre non encore publié.

Deuxième réponse de ma DRH

Elle m'arrive sur mon lieu de vacances (en France profonde). Comme je le prévoyais la DRH ressort l'argument erroné du "régime légal", tout en évitant à nouveau de s'attaquer de front à l'ordonnance du 19 avril 2001.

Le tout agrémenté d'un discours soviétoïde moralisateur sur la solidarité et la nécessité de cotiser qui en découle ! A croire que les grandes entreprises privées sont définitivement devenues des suppôts de la propagande étatique collectiviste !

Je vais répondre en démontant l'erreur du régime soi-disant légal et en rappelant à nouveau l'ordonnance et ses implications pratiques (la liberté d'assurance).

Je m'attends à ce que, à court d'arguments, ne pouvant plus gagner du temps, ils m'opposent un refus clair et net. Là-dessus, j'aviserai.

10.8.04

A votre santé !

Projetons nous dans quelques années, en France, après LA Réforme enfin définitive de la Sécu.

Une Assurance Maladie Unifiée (A.M.U) a été imposée par l'Etat Providence. Le meilleur moyen que l'Etat a trouvé pour enrayer le déficit chronique est d'empêcher les gens de tomber malades, donc de contrôler autoritairement leurs choix de vie via, entre autres, la P.M.(Police Médicale) destinée à verbaliser l'individu pour tout comportement dangereux par rapport à sa santé.

La scène se passe dans le cabinet d'un médecin.

- Madame Duchant : J’en ai marre des slogans, docteur. Marre des amendes de l’A.M.U et des flics de la P.M.

- Docteur : Il ne faut pas parler ainsi, voyons ! L’Assurance Médicale Unifiée représente un immense progrès social. Plus de médecine ni d’assurance privées, soins et médicaments gratuits pour tous, n’est-ce pas là le plus bel aboutissement d’un demi-siècle d’efforts humanitaires ?

- Madame Duchant : Ouais... Splendide, sauf que l’affiliation à l’A.M.U vous coûte le tiers de votre salaire et que les amendes vous pleuvent dessus à chaque coin de rue !

- Docteur : Logique, ma chère petite, logique. L’A.M.U est un système généreux donc coûteux. Le meilleur moyen de lui éviter les erreurs du passé, de le maintenir en équilibre budgétaire, est tout simplement d’empêcher les gens de tomber malades ou d’avoir des accidents. Ainsi, tout le monde est heureux. En outre, je vous rappelle tout de même que nous sommes en démocratie. L’affiliation à l’A.M.U n’est pas obligatoire...

- Madame Duchant : Exact ! Sauf que tous les médecins et pharmaciens sont devenus des agents de l’Etat et qu’il leur est interdit de porter assistance à un non-affilié fût-ce pour lui vendre un cachet d’aspirine.

- Docteur : Normal, Madame Duchant, normal. L’individualisme n’a pas sa place dans une civilisation sociale aussi structurée que la nôtre. Pour dire les choses plus crûment, la liberté est devenue une forme d’hérésie qui doit être découragée pour le bien de tous.

Tiré de l'excellente BD "S.O.S bonheur" (éditions Dupuis), épisode "A votre santé" (extrait de la page 33), cité dans un nouveau blog libéral, Zonel, créé par Eskoh et blogographe.

9.8.04

Lectures d'été

En été, certains lisent des romans, moi je lis les journaux (en-dehors des vacances j'ai nettement moins de temps pour faire ça).

1) Le Figaro

Le Figaro du dimanche 1er août publie dans sa rubrique "Débats et opinions" un article de Bernard Debré (médecin, ancien ministre, élu récemment député de Paris malgré les embûches tendues par l'UMP - une rare victoire de la démocratie contre les politiciens de l'establishment).

Il est bien sûr au courant de la fin du monopole de la SS, mais il n'en parlera pas. En bon crypto-collectiviste de droite, il ne connaît que la "cohésion nationale", "basée sur la solidarité intergénérationnelle (les retraites par répartition - fraude classique appelée "cavalerie" dans la Banque) et intragénérationnelle (l'assurance-maladie, gouffre sans fond qui relègue les trous noirs au rang de plaisanterie spatio-temporelle)".

J'ai rarement lu un article aussi schizophrénique !! Bernard Debré est déchiré entre son soutien à la réforme de Doute-Blasé (solidarité politique oblige) et sa lucidité qui lui montre que cette réforme ne résout absolument rien.

Il approuve tous les points de la réforme, mais il écrit qu'elle n'est "que le début du commencement d'une véritable réforme", le déficit n'étant pas comblé, les gaspillages évités, les structures sociales changées. Sur ce dernier point il préconise de combattre le déclin de la natalité, de supprimer les 35 heures, et de coopérer avec les pays pauvres pour éviter l'immigration "sociale". Bref, comme d'habitude avec nos politiciens de droite, une once de libéral (supprimer les 35 heures) pour 99% de constructivisme étatique (politique familiale, politique de "coopération", politique de l'immigration, etc.).

Un avertissement prémonitoire : "dans 15 ans, en 2020, la France risque d'être secouée par une véritable révolution, celle menée par les jeunes générations qui refuseront de payer nos dettes, issues de notre égoïsme, de notre imprévoyance".

Bref, un article qui soulève les vrais problèmes, et apporte de fausses solutions. Outre qu'il ne s'écarte pas de la fixation bien franchouillarde sur la sacro-sainte Sécu ("notre médecine est une des meilleures du monde") et du non moins sacro-saint principe de la solidarité nationale, il a de plus le grave défaut d'encourager à l'apathie et à l'inaction. La ligne d'horizon de Debré, tout au long de son article, tant pour les retraites que pour l'assurance maladie, reste en effet fixée à 2020, date à laquelle il prévoit une "révolution populaire". Mais 2020 c'est très loin pour tout un chacun. Autant dire : "il y a bien un problème, mais rien ne presse". Après nous, le déluge !

2) Valeurs Actuelles

Dans Valeurs Actuelles n°3532 du 6 Août 2004, un article ASSURANCE: Ce qui va changer, qui expose très bien, d'après moi, le contraste saisissant entre l'inanité de la réforme et l'habileté politique mise à la faire passer. Le même contraste qu'on peut trouver entre la beauté des palais qui abritent nos princes et l'idiotie des politiques que mènent ces mêmes princes.

« Cette réforme est celle de la dernière chance pour sauvegarder notre système de soins "à la française", prévient Philippe Douste-Blazy. Si, à terme, les comportements ne sont pas modifiés, nous serons sans doute contraints de mettre en place une franchise en fonction des revenus. »

En effet, la logique collectiviste ne peut mener qu'à ce genre d'aberration. On a déjà les cotisations proportionnelles au revenu, il ne manque plus que les remboursements inversement proportionnels au revenu ! En lisant ça, il est clair pour moi que tout le monde (sauf les divers assistés et profiteurs du système) a intérêt à quitter le système dès aujourd'hui.

31.7.04

Fermeture estivale

Quand j'ai commencé ce blog, je ne pensais pas que j'allais être si bavarde... J'espère avoir fourni, jour après jour, un peu de matière sur le sujet de la liberté sociale et de la "solidarité" forcée qui nous est imposée par l'Etat depuis presque 60 ans.

Je prends quelques semaines de congé. A bientôt !

29.7.04

Lectures d'été

A l'approche des vacances d'août, mes posts vont se raréfier, pour reprendre à la rentrée. Voici quelques saines lectures libérales pour vous occuper :

  • Assurance maladie : réforme ou banqueroute (un état des lieux intéressant)


  • 50 années de monopole, 25 réformes, 25 échecs (l'inefficacité du "monopole")


  • Comment échapper au socialisme de la santé? par G. Lane (attention, gros PDF)


  • La Sécu, cancer de la nation, Pierre Lance (contre les politichiens)


  • Sécu : la réforme à un euro (David Victoroff) (ce que vaut réellement la "réforme")


  • Responsabilité et Assurances ou A-Sécurité Sociale (G. Lane) (faux droits, dérives, justice "sociale", assurances, etc.)

  • 28.7.04

    Première réponse de ma DRH

    Elle est enfin arrivée. "Première" réponse, parce que sa teneur laisse augurer de nombreux échanges futurs...

    Une réponse pour le moins alambiquée : soit ils font la bête en cherchant à noyer le poisson comme ils peuvent, soit ils sont sincères et sont totalement ignorants (la première solution me paraît être la bonne). Ils ont cru que je voulais faire jouer une quelconque réglementation européenne à l'encontre de la loi française. Ils écrivent entre autres :

    Nous rappelons que la loi du lieu de travail s'applique, et non celle d'un autre état.
    (...)
    On ne peut par conséquent échapper aux conditions légales d'assujettissement.


    Ils passent soigneusement sous silence l'ordonnance du 19 avril 2001, qui était pourtant au centre de mon argumentation. J'aurais donc tendance à penser qu'ils sont de mauvaise foi.

    Donc ma réponse va consister à rappeler d'abord cette ordonnance, et exclusivement elle (je ne cherche pas à appliquer la loi d'un autre état !), quitte à citer un extrait de la question écrite n°18952 du député du Gard qui en explique la portée (voir mes posts précédents) :

    Cette ordonnance, parue au Journal officiel du 22 avril 2001, sous la directive du Parlement européen, abroge le monopole de la sécurité sociale et permet à tous les Français de s'assurer dorénavant pour les garanties de maladies, de chômage et de retraite dans les assurances, mutuelles ou associations de leur choix.

    Sans être trop paranoïaque, je crois deviner les lignes de défense mises en place par les DRH, destinées à dissuader les salariés de formuler toute envie de quitter la sinistre SS :

    - 1ère ligne : "on est en France ici ! Europe ou pas Europe, c'est la loi française qui s'applique ! Donc vous restez assujettie." (sophisme "non sequitur" classique)

    - 2ème ligne : "la Sécu c'est un régime légal, les directives ne s'appliquent pas ! Donc vous restez assujettie." (le sophisme précédent ne marchant plus, on part cette fois d'une hypothèse fausse pour arriver à la conclusion souhaitée. Il est vrai que le noeud du problème reste cette qualification usurpée de régime "légal", voir mon post à ce sujet).

    - 3ème ligne : "de toute façon on ne veut pas, c'est non ! Donc vous restez assujettie." (les autres lignes de défense étant contournées, on en arrive à la confrontation directe - "argumentum ad baculum", ou loi du plus fort, ce qui révèle la malhonnêteté de celui qui a épuisé tous les arguments fallacieux qu'il avait en réserve).

    Je n'en suis donc qu'à la première ligne de défense. Le chemin risque d'être encore long.

    Je procède toujours par lettres pour bien exposer mes arguments (à éviter : les e-mails ou le téléphone). Dans tous les cas, bien sûr, rester poli(e) et mesuré(e) dans les termes. Inutile de les apostropher en leur disant la vérité, c'est-à-dire qu'ils se font les complices objectifs d'un système de spoliation collectiviste destiné à disparaître un jour dans les poubelles de l'Histoire...

    27.7.04

    Un complot de l'odieux gouvernement ultra-libéral capitaliste

    Dans son dernier post "la lutte" Hervé Duray s'est surpassé - à moins qu'il n'ait recopié un tract syndical ? Sur les panneaux d'affichage réservés aux syndicats dans mon entreprise on trouve fréquemment ce genre de prose (que personne ne lit).

    Camarades,

    Le complot est maintenant dévoilé. L'odieux gouvernement ultra-libéral capitaliste dirigé par le traître Chirac et son valet Raffarin à la solde du MEDEF veulent spolier les travailleurs des masses salariales laborieuses des acquis légués par leurs anciens au dur prix de leur sang. Ils se sont entendus avec les autres profiteurs européens pour tenter de mettre fin au monopole de la Sécurité Sociale. ILS NE PASSERONT PAS !

    Nous n'allons pas les laisser brader cette merveille mise en place à la fin de la guerre par les camarades du glorieux Conseil National de la Résistance. Il est hors de question qu'une internationale de marchands de canons, de parasites capitalistes puisse toucher ne serait ce qu'à un cheveu de ce formidable acquis social chèrement payé par nos camarades résistants.

    Nous devons entrer en résistance nous aussi contre ce programme méticuleux destiné à mettre à genoux le prolétariat français puis européen. Il est temps de nous replonger dans nos racines afin de retrouver la vigueur révolutionnaire de nos prédécesseurs.

    26.7.04

    La CNAM supprime des emplois - tant mieux !

    La CGT, syndicat néo-marxiste archéo-brejnévien bien connu (forte capacité de nuisance, mais représente à peine quelques % des salariés), déplore que des emplois soient supprimés dans les caisses primaires d'assurance maladie dans les prochaines années :
    "La direction de la Cnam nous a confirmé que le taux de 50% de non-remplacement des départs en retraite serait appliqué en 2006 et 2007, ce qui nous permet d'aboutir, grâce à des projections, à 5.600 emplois supprimés en quatre ans", a-t-elle expliqué.

    La raison officiellement invoquée n'est pas une présomption de baisse du nombre des assujettis partis se faire assurer ailleurs, c'est "l'augmentation de la productivité".
    On apprend aussi que l'effectif global des CPAM s'élevait à 106.300 en 2003. Ce qui montre que ce mini-mammouth a encore beaucoup de graisse inutile.

    Harpagon criait après sa cassette, sa chère cassette ; la CGT, elle, crie après son fromage, son cher fromage... Quitter la sécu, c'est aussi quitter ces syndicats qui ne représentent qu'eux-mêmes et ne survivent que par leur capacité à spolier ceux qui travaillent vraiment.

    25.7.04

    La victoire... à petits pas !

    Je me méfie des communiqués souvent triomphalistes de Conscience politique ou même de Claude Reichman, le dernier exemple en date étant l'annonce du décret du 15 juillet dernier, qui confirme que les organismes de Sécurité Sociale sont juridiquement des mutuelles.

    J'enregistre évidemment avec plaisir tout ce qui ressemble à une avancée vers plus de liberté sociale, mais je note aussi les obstacles qui continuent à se dresser devant nous : un gouvernement qui joue un double jeu ; des DRH soit mal informées, soit très réticentes (j'attends la réponse de la mienne).

    La victoire n'arrivera pas un beau matin, elle viendra pas à pas, jour après jour. Elle sera totale le jour où sortira dans "Que Choisir" ou "60 Millions" un dossier "Choisissez votre assurance sociale". On en est encore bien loin...


    24.7.04

    La bataille de la CSG

    Puisque le Parisien vient d'archiver son article du 13 juillet, je le reproduis ci-dessous, à toutes fins utiles.


    Assurance maladie

    La bataille de la CSG

    DÉBUT AVRIL, Jean-Michel Faustin, médecin-chef de service dans un centre hospitalier d'Ile-de-France, demande par écrit à son directeur des ressources humaines de ne plus lui prélever la CSG, la contribution sociale généralisée ni la CRDS, la contribution au remboursement de la dette sociale, sur ses fiches de paie.

    « Comme la loi me le permet, a-t-il expliqué à notre journal, j'ai souscrit, en mars dernier, une assurance individuelle maladie et complémentaire auprès d'une compagnie anglaise. Du coup, je ne veux plus payer la CSG et le CRDS au titre de la Sécurité sociale à laquelle je ne souhaite plus être affilié ».

    C'est que le docteur Jean-Michel Faustin a fait ses comptes : « En laissant tomber la Sécu pour une assurance individuelle j'économise entre 30 et 40 %, affirme-t-il, mais cela suppose que je n'acquitte plus la contribution sociale généralisée. » Car pour lui, continuer à la payer, reviendrait à cotiser deux fois. Une chose totalement « impensable » à ses yeux.

    Le monopole et le financement de la Sécurité sociale en question

    Problème : le DRH de l'hôpital n'est pas au courant de l'évolution de la législation invoquée par Jean-Michel Faustin et, en substance, préfère botter en touche. Il s'adresse donc à l'Urssaf pour prendre conseil sur ce dossier difficile. Réponse des juristes de l'Urssaf, évoquant la Cour de justice européenne : « Les organismes qui gèrent un régime de Sécurité sociale échappent au droit de la concurrence ». Autrement dit, le docteur Faustin doit continuer à payer la CSG quoiqu'il arrive.

    « Archifaux, rétorque ce dernier, plusieurs articles du Code de la Sécu et de la Mutualité stipulent que les sociétés d'assurance, les institutions de prévoyance et les mutuelles sont autorisées à couvrir le risque maladie branche entière », c'est-à-dire à se substituer à la Sécu. « En d'autres termes, poursuit Jean-Michel Faustin, cela signifie que tout citoyen peut s'assurer pour la maladie auprès d'un des organismes cités et que le monopole de la Sécurité sociale est supprimé ». En conclusion, il se prépare à aller devant les tribunaux compétents si nécessaire.

    La fin du monopole de la Sécurité sociale... même si publiquement le sujet reste tabou, en privé, les experts sont nombreux à reconnaître cet état de fait. « Pas plus tard que le 29 juin dernier dans le Monde , le directeur de la Caisse primaire d'assurance maladie de Lyon reconnaissait qu' il est vrai que la liberté d'assurance existe en France », rappelle Claude Reichman, le président du Mouvement pour la liberté de la protection sociale.

    Pourfendeur depuis des années du monopole de la Sécu, ce dernier cite dans la foulée une lettre du commissaire européen Frits Bolkestein (en date du 25-11-2003) stipulant que « les sociétés d'assurance de santé proposant la police légale doivent être considérés comme des organismes compétents ». Et précise au passage que c'est le gouvernement de Lionel Jospin qui, à travers une loi du 17 juillet 2001, a discrètement ouvert la boîte de Pandore.

    Si le ministère de la Santé, interrogé par notre journal, refuse catégoriquement cette interprétation des choses en affirmant « que les Etats restent souverains en matière de protection sociale, ce qui implique le maintien du monopole de la Sécurité sociale », Bercy, dans un courrier officiel envoyé le 24 février dernier, reconnaît que « l'exonération de la CSG et de la CRDS est possible pour les personnes qui, tout en résidant fiscalement en France, ne relèvent (pas) du régime obligatoire français d'assurance maladie » (voir notre document). Ce qui semblerait accréditer la thèse du docteur Faustin.

    Evidemment, si comme en Allemagne, 10 % des salariés français prenaient un jour une assurance individuelle et arrêtaient de payer la CSG, on imagine les problèmes de financement que cela poserait à l'assurance maladie aujourd'hui bien mal en point. Autant dire l'enjeu colossal de cette bataille autour de la CSG, premier impôt direct de France.

    Jean-Marc Plantade

    Le Parisien , mardi 13 juillet 2004

    23.7.04

    Le dahu des cotisations patronales

    Une recherche Google sur "cotisations patronales" donne 28500 entrées, à peu près autant qu'une recherche sur "dahu" (22300 résultats).

    On sait que le dahu est cet animal imaginaire qui ne peut vivre que sur les flancs des montagnes (il a deux pattes plus courtes d'un côté que de l'autre).

    Notre Etat français, Grand Maître en Magie Noire, Grand Sorcier en Phlébotomie et Lobotomie Appliquées, possède l'art d'imaginer des dahus réglementaires et administratifs qu'il tente, presque toujours avec succès il faut le reconnaître, de faire passer auprès des administrés pour des êtres bien réels, alors que ce ne sont que des fictions qui cachent des cercles vicieux (le dahu, en raison de ses particularités physiologiques, ne peut que tourner en rond perpétuellement autour de sa montagne).

    Il en est ainsi des cotisations "patronales" que vous trouverez sur votre feuille de paye, non loin des cotisations "salariales".

    En quoi, ou à qui, peut-il être utile de distinguer deux types de cotisations plutôt qu'un seul ?

    Pour l'employeur : aucune utilité, toutes ces cotisations représentent de l'argent que lui coûte le salarié.

    Pour le salarié : aucune utilité, patronales ou salariales, peu importe, c'est de l'argent qu'il ne touche pas, et qui est destiné à partir dans le trou sans fond de la Sécu.

    Par élimination, on en déduit que le dahu des cotisations patronales ne peut servir qu'à l'Etat, et à sa protégée, la sinistre SS. Comme le dit très bien Georges Lane :
    En fait les cotisations patronales n'existent pas. Ce sont un leurre entretenu par les hommes de l'état (dont ceux des syndicats) pour mieux voler l'employé. L'employeur ne connaît qu'une chose : le prix du travail de l'employé qu'il doit payer ET QUE DEVRAIT TOUCHER L'EMPLOYE.

    En effet, l'existence de cette part patronale fictive permet à l'Etat et à la SS d'augmenter à volonté la part du gâteau salarial qu'ils s'arrogent sans que le salarié se mette à grogner, puisque rien ne change pour lui. C'est uniquement le méchant patron qui paye les augmentations de cotisations patronales.

    En apparence...

    Car au final ça se retourne contre le salarié : le patron embauchera moins, licenciera, ou augmentera ses prix, ce qui le rendra moins compétitif et donc peu enclin à embaucher. Mais on accusera le patron, et non le vrai responsable, qui n'est plus visible à ce stade-là.

    Mieux vaudrait bien sûr que le salarié reçoive l'intégralité de son salaire et s'assure ensuite comme il le souhaite. Mais cela va à l'encontre des intérêts des vampires qui se tiennent cachés derrière l'abracadabrantesque dahu, attendant leur lot de sang...

    22.7.04

    Conférence

    Cette fois je transcris le courriel d'un lecteur, qui a la chance d'avoir des entrées que je n'ai pas...

    Chère Laure,

    J'ai eu la chance d'assister hier mercredi 21 à une conférence de Claude Reichman dans une réunion de mon club XXXXXX à Paris (je ne mets pas le nom du club, il s'agit d'une association à but humanitaire, très connue, qui agit dans le monde entier).

    En moins d'une demi-heure Claude Reichman a exposé, à un auditoire à la fois surpris et intéressé, son sujet favori, la fin du monopole de la Sécurité sociale en France. En effet, c'est un sacré changement qui s'annonce, la Sécu faisant partie de notre paysage français presque autant que la tour Eiffel ! Il a rappelé son action, les résultats obtenus jusqu'ici, et ce qui est en cours (par exemple l'assignation en justice de l'Urssaf pour information mensongère).

    Pas de doute, c'est un libéral, le mot "liberté" est revenu souvent dans sa bouche. Avec quelques piques contre les gouvernements précédents (on sent qu'il n'a pas aimé Jospin) et le gouvernement actuel (la France qui reste un pays collectiviste - le parallèle avec l'ex-Union soviétique est loin d'être exagéré - le gouvernement qui tenterait d'influencer les juges au mépris de la séparation des pouvoirs, etc.).

    Il a invité les membres de notre club (médecins, chefs d'entreprise, avocats, etc.) à faire jouer cette nouvelle liberté et à la faire connaître. Il estime qu'Internet est un vecteur d'information capital comparé à la presse qui ne fait pas son travail (bien que ce soit en train de se débloquer depuis peu, et que la presse et les médias soient maintenant en train de courir après Internet !).

    Réactions de la salle : un médecin, surpris de ne pas avoir lu l'information dans les revues qu'il reçoit habituellement, et qui semble opposé à la fin du monopole de la sécu "à cause de la solidarité". Reichman a eu les mots qu'il fallait pour séparer le sujet de l'assurance de celui de la solidarité (comme tu l'as fait aussi dans ton blog), la solidarité ne pouvant servir de justification au gaspillage.

    Réaction d'un autre médecin, qui lui cotise deux fois (je ne pouvais pas le croire !) une fois en tant que médecin libéral, et une autre fois en tant que salarié d'une clinique. Reichman lui a expliqué qu'il pouvait arrêter de cotiser en tant que libéral et qu'il suffisait de demander à son employeur de ne plus cotiser comme salarié.

    A ce propos, l'employeur a un devoir de satisfaire la demande du salarié de ne plus cotiser, sans quoi il s'agit d'extorsion de fonds.

    Bref, ce fut très intéressant. Je crois que pour que le message passe, il faudra affronter d'abord le scepticisme ou l'indifférence des personnes concernées, puis l'ignorance ou la nonchalance voulue des employeurs, et enfin la mauvaise foi des organismes en place qui veulent surtout que rien ne change. C'est un véritable changement dans la tête des gens, il faudra du temps pour qu'ils admettent ça.

    21.7.04

    La "réforme"

    La nouvelle du 20 juillet est que la "réforme" de la Sécu est adoptée en première lecture à l'Assemblée.

    Recette de cette "réforme" : une bonne louche de Big Brother (dossier médical personnel, photo d'identité et empreintes sur la carte Vitale, contrôles des arrêts-maladie plus sévères, etc.), une autre d'étatisme renforcé (Haute autorité, Comité d'alerte), et une dernière d'austérité (remboursements rognés, franchise d'un euro...). Voilà quelles en sont les mesures clés.

    La CRDS est prolongée jusqu'en 2084 et le retour à l'équilibre de la Sécu est prévu en 2104 quand le pays ne sera plus peuplé que de loups du Mercantour ayant échappé aux quotas de chasse (j'exagère à peine). Bayrou n'a pas tort quand il juge ce plan "immoral et irresponsable" (mais il ne ferait pas mieux de toute façon).

    Les politiciens d'aujourd'hui ne seront plus là quand ça pètera, ils auraient bien tort de tenter d'échapper à l'accusation d'irresponsabilité. Depuis quand demande-t-on à un parasite de faire preuve de moralité ?


    20.7.04

    Retraites

    Pour ce qui est des retraites, on sait que la perspective est aussi catastrophique que pour l'assurance-maladie.

    Je suis encore un peu jeune pour y penser, mais j'ai des idées bien arrêtées sur le sujet. Je suis pour laisser à chacun le droit de préparer sa retraite comme il l'entend. De mon côté, pour savoir comment épargner pour mes vieux jours, je n'ai besoin de personne ni d'aucun système. Et surtout pas du système actuel de répartition qui est une fraude à la Ponzi. Vous cotisez pour 100€, et peut-être un jour futur obtiendrez-vous 50€ (sans aucune garantie), alors que si vous aviez vous-même investi dans un fond sans risque vous auriez récolté 200€. Comme le dit Claude Reichman :

    Le cerveau dûment lavé - et même lessivé - les Français s'imaginent pour la plupart que l'argent de leur retraite existe quelque part. Ils sont persuadés d'avoir, leur vie durant, cotisé pour eux-mêmes. Profonde erreur. Ils ont cotisé pour les autres, et leur argent a disparu. Ils ne sont riches que de l'espoir de voir l'Etat parvenir à contraindre les générations suivantes à cotiser pour eux. Pour la contrainte l'Etat s'y entend. Mais si les générations suivantes ont disparu, c'est-à-dire ne sont plus assez nombreuses, comme c'est le cas en France, que peut l'Etat ? Rien, strictement rien. Sauf mettre le système en faillite. C'est exactement ce qu'il se prépare à faire en s'abstenant d'agir aujourd'hui.

    19.7.04

    Bastiat et la SS

    Ce texte prémonitoire du grand économiste libéral Frédéric Bastiat, écrit il y a 150 ans, est hélas toujours d'actualité. Il y décrit notre sinistre SS avant même qu'elle ait été inventée, ainsi que ses effets désastreux :

    Les abus iront toujours croissants et on en recalculera le redressement d'année en année, comme c'est l'usage jusqu'à ce que vienne le jour d'une explosion. Mais alors, on s'apercevra qu'on est réduit à compter avec une population qui ne sait plus agir par elle-même, qui attend tout d'un ministre ou d'un préfet, même la subsistance, et dont les idées sont perverties au point d'avoir perdu jusqu'à la notion du Droit, de la Propriété, de la Liberté et de la Justice.

    On se demande d'ailleurs quelle chose est la pire : la faillite du système, ou l'avachissement d'une population assistée (l'une n'allant pas sans l'autre il est vrai) ?

    Pour Bastiat, la cause de la catastrophe est claire : c'est le déplacement de la responsabilité, une fois les "sociétés de secours mutuel" privées - dont il dit le plus grand bien - passées sous la coupe de l'Etat (sinistre année 1945), il n'y a plus de responsable, que des déficits.


    17.7.04

    Encore sceptiques ?

    Vous êtes encore sceptiques sur la fin du soi-disant monopole de la Sécu ? Voici une question écrite posée le 26 mai 2003 par le député du Gard Jean-Marc Roubaud au ministre de la santé. Question demeurée sans réponse. Le silence tonitruant du gouvernement actuel montre, si besoin était, son hypocrisie (ou au minimum son extrême embarras) sur le sujet.

    Question N° : 18952 de M. Roubaud Jean-Marc (Union pour un Mouvement Populaire - Gard)
    Ministère interrogé : santé
    Ministère attributaire : santé
    Question publiée au JO le : 26/05/2003 page : 4043
    Date de changement d'attribution : 31/03/2004
    Rubrique : sécurité sociale
    Tête d'analyse : organisation
    Analyse : monopole. abrogation. perspectives
    Texte de la QUESTION : M. Jean-Marc Roubaud appelle l'attention de M. le ministre de la santé, de la famille et des personnes handicapées sur l'ordonnance n° 2001-350 du 19 avril 2001. Cette ordonnance, parue au Journal officiel du 22 avril 2001, sous la directive du Parlement européen, abroge le monopole de la sécurité sociale et permet à tous les Français de s'assurer dorénavant pour les garanties de maladies, de chômage et de retraite dans les assurances, mutuelles ou associations de leur choix. Refusant de l'appliquer, le précédent Gouvernement, pour échapper à une condamnation de la Cour européenne de justice, s'est fait donner par le Parlement le droit de procéder par ordonnance. L'abolition du monopole de la sécurité sociale réduirait pourtant d'environ 20 %, grâce à la concurrence entre les assureurs, la charge des entreprises et des assurés. Il lui demande s'il envisage, conformément à l'ordonnance n° 2001-350, d'abroger le monopole de la sécurité sociale.
    Texte de la REPONSE : (pas de réponse !!)

    Si vous ne me croyez pas, allez sur http://questions.assemblee-nationale.fr et tapez le numéro de question : 18952. Il paraît que le député Christian Estrosi aurait posé le même genre de question en 2001, mais je n'en trouve pas trace sur Internet. Le ministre a deux mois pour répondre aux questions (au delà de ce délai, le député peut signaler les questions écrites restées sans réponse, donnant ainsi l'obligation au ministre de lui répondre rapidement - ce que Jean-Marc Roubaud n'a pas fait, l'aurait-on dissuadé de le faire ?).

    Cette question restée sans réponse est une preuve de plus. Plus besoin pour nous de rechercher encore des arguments juridiques. Vous croyez vraiment que s'il existait encore un quelconque monopole de la Sécu le gouvernement ne l'aurait pas fait rapidement savoir ? Tous nos politiciens sont au courant.

    Je vais donc émettre une réponse, à la place du gouvernement. "Monsieur le Député, il n'y a pas lieu d'abroger un monopole qui n'existe pas. Des compagnies d'assurances privées sont déjà à l'oeuvre en France pour répondre aux besoins des assurés, qui pourront ainsi faire jouer la concurrence par rapport au régime général actuellement en faillite".

    Il n'y a plus aucun doute, le Droit est pour nous ! La liberté sociale est déjà en marche !